C’est un peu par hasard que nous avons découvert le musée d’Histoire locale de Marchiennes situé sous le porche de l’hôtel de ville, autrefois pavillon d’entrée d’une abbaye bénédictine. Il met en scène une multitude d’objets et de documents sur Marchiennes allant de la Préhistoire aux Temps Modernes. Le musée conserve également un étonnant plan relief de la ville telle qu’elle était en 1791 avant le démantèlement de son abbaye.

Le témoignage d’un riche passé abbatial

En poussant la porte du musée, nous sommes chaleureusement accueillis par Anne qui assure la permanence quelques après-midis par semaine. Elle nous confie que nous sommes en fait dans les anciennes prisons d’une abbaye bénédictine, qui est à l’origine de la naissance de la ville. Fondée vers 630 et fermée à la Révolution, l’abbaye de Marchiennes est restée active pendant onze siècles !

Autant vous dire, qu’il y a de nombreux trésors à découvrir dans ce petit musée, qui a presque tout d’un grand puisqu’il est couronné du prestigieux label Musée de France ! Géré par une association de passionnés d’histoire locale autour de Marchiennes et sa région, le musée a ouvert en 1963 à l’occasion d’une exposition sur les vestiges de l’abbaye.

Une foule d’objets à découvrir

Anne nous invite à suivrele parcours de visite qui nous fait déambuler à travers six salles d’expositionoù sont présentées les collections atypiques du musée. On y découvre d’aborddes vestiges de la préhistoire avec des pierres et des silex trouvés dans lesgisements alentour puis les fouilles de la période gallo-romaine : pièces demonnaie, tuiles, poteries…

Une autre salle retrace l’histoire des abbayes de la région qui en comptait quatre en Cœur d’Ostrevent et neuf dans la vallée de la Scarpe. On y trouve plusieurs reproductions étonnantes d’images et d’enluminures, mais aussi des pierres sculptées du 12e siècle, héritage de l’époque de la reconstruction de l’abbaye en 1150. Les grands événements historiques de la ville comme le siège de 1712 puis les massacres de 1793 sont évoqués au fil du récit.

Une salle consacrée au 1er Empire illustre l’aventure des frères Corbineau, généraux de Napoléon et notamment Jean-Baptiste Juvénal Corbineau né à Marchiennes en 1776. Fils du dernier bailli de Marchiennes, il consacra toute sa vie à l’armée avec ses deux frères. Le général est plus particulièrement renommé pour avoir trouvé le passage à gué sur la Bérézina permettant aux troupes françaises leur retraite de Russie.

De l’art populaire à l’art contemporain

Cachot avec sa porte en bois du musée Musée Histoire Locale de Marchiennes

Le musée abrite également de nombreux objets d’art populaire autour des vieux métiers et du passé industriel de la mine et de la verrerie. Anne nous confie d’ailleurs que Marchiennes est citée pas moins de 48 fois dans Germinal, le célèbre roman d’Émile Zola !

J’ai particulièrement aimé la jolie collection de jouets anciens, mais aussi les œuvres de l’artiste Félix Labisse, peintre surréaliste en marge du mouvement d’André Breton, né à Marchiennes en 1905. Parallèlement à sa carrière de peintre, il était aussi décorateur pour le théâtre, la danse et l’opéra.

Les deux moments forts de la visite restent toutefois pour mon mari, l’étonnant plan relief de Marchiennes créé dans les années soixante ainsi que la surprenante visite des cachots !

INFORMATIONS ET RÉSERVATION
Adresse : Place Gambetta, 59870 Marchiennes
Ouverture : d’avril à septembre du mercredi au samedi de 14h à 17h (sauf jours fériés). Toute l’année pour les groupes sur réservation.
Tarifs :
Adulte individuel : 3 €
Enfants de 8 à 16 ans et groupe scolaire : 1 €
Enfant de moins de 8 ans : gratuit
Groupe adultes : 5,50 €
Tél : (33) 03 27 94 62 61 / 03 27 90 58 54
Mail : musee@marchiennes.fr
Site internet