Découvrez Pecquencourt et le charme discret de cités minières inscrites sur la liste du Patrimoine mondial de l’UNESCO. Le nez au vent ou la tête dans le guidon de votre vélo à assistance électrique, traversez la vie des mineurs de la fosse Lemay, explorez cette architecture, dernier symbole de la Compagnie des Mines d’Aniche.

Partout la brique répond aux jardins, partout la grande histoire de la mine résonne et fait écho aux histoires du quotidien. Au départ de l’Office de tourisme de Cœur d’Ostrevent, embarquez pour une traversée architecturale riches en anecdotes et en découvertes.

L’ancienne pharmacie des mines devenue office de tourisme est un lieu de mémoire vivant

Enseigne de l'office de tourisme de Coeur d'Ostrevent
Office de tourisme ©Karen Saint-Patrice

Pousser la porte de l’Office de Tourisme de Cœur d’Ostrevent, c’est comme ouvrir les pages d’un album de photos de famille ou celles d’un livre d’histoire… Suivez-nous et entrons ensemble.

C’est sûrement le seul office de tourisme installé au cœur d’une cité minière ! Et pour cause ! Le bâtiment superbement restauré en 2019 est l’ancienne pharmacie de la cité, propriété de la Compagnie des Mines d’Aniche et symbole lumineux et vivant de cette organisation sociale d’antan : proposer toutes les facilités et tous les services aux mineurs et à leur famille au plus près de leur habitation. Ce « Centre de Secours Minière » fut construit dans les années 60 et est particulièrement représentatif de l’architecture de l’époque, avec brique, béton et toit-terrasse.

Si la restauration du lieu est moderne et lumineuse, si ses services sont ceux d’un office du XXIème siècle avec location de vélo à assistance électrique, salles de lecture et de repos, baby-foot et même un « escape game » sur le thème de la mine, Cœur d’Ostrevent Tourisme est d’abord un lieu de mémoire vivant. Ce sont les musées locaux et les habitants de la cité voisine qui sont venus déposer ces objets anciens et précieux qui en décorent les murs.

Dès l’entrée, un porte-manteau accueille une vieille veste de mineur et son casque. Ici, des « gaillettes », là, des portraits parfois austères, parfois souriants… Le lieu a su conserver l’âme des cités et de la fosse Lemay fermée en 1971. Le chevalement était juste là, au bout de la rue, et les plus anciens racontent encore que, parfois ils croient apercevoir le chevalement de la fosse qui marquait l’entrée du puits.

Les cités minières Lemay et Sainte-Marie, un exemple de l’évolution de l’habitat minier

Et, quand Marie ou Lisa, guides de l’Office de Tourisme accompagnent les visiteurs à pied ou à vélo électrique, les histoires s’enchaînent. Ici, la Cité Lemay est un exemple rare d’une cité pavillonnaire constituée de maisons de 4 logements, alignées le long de rues rectilignes, avec ses jeux de briques et de décoration. Plus loin, la cité Sainte-Marie est une cité dite « jardins », plus espacée, plus aérée avec ses rues courbes mais toujours avec cette recherche de décoration qui fait la particularité des cités de la Compagnie des Mines d’Aniche. C’était le moyen le plus sûr d’attirer les meilleurs mineurs et de les « débaucher » des Compagnies concurrentes.

Plus loin, c’est l’ancien dispensaire appelé dans d’autres cités « Goutte de lait ». La mortalité infantile était souvent forte et posait aussi aux Compagnies un vrai problème de renouvellement de main-d’œuvre. Alors ces dispensaires servaient les mères et les enfants, et servaient aussi les intérêts de la Compagnie.

Souvent, on entend : « la mine a tout recouvert, comme une vague à marée haute ». Et, quand la vague s’est retirée entre 1970 et 1991, elle a laissé ces traces toujours tellement vivantes. Avec des cités, partout, pour héberger les mineurs et leur famille et structurées autour d’équipements nécessaires à leur vie quotidienne. Oui, l’on manquait terriblement de place, on manquait tellement de maisons pour accueillir ces milliers d’hommes, de femmes et d’enfants. Mais ces traces sont belles et uniques, faites de nuances de briques, de détails d’une décoration élégante et subtile.

Explorez, seul ou accompagné(e) avec un guide, le nez en l’air (mais pas trop si vous êtes à vélo !). Vous vous en souviendrez, longtemps.