Entre Douai et Valenciennes, faites une grimpette atypique pour rejoindre les stars du terril des Argales à Rieulay : les chèvres de Julien. Une pause nature entre gaillettes et chevrettes… On parie que vous serez un(e) adepte de la rando biquette ?!

Une immense terre noire

« On est bientôt arrivé ? ». Léa, ma fille âgée de 9 ans, a hâte de sortir de la voiture pour marcher aux côtés de chèvres, des vraies… et elle est en boucle depuis ce matin. Pour une petite passionnée d’animaux, c’est un rêve qui se réalise.

Dès notre arrivée sur le parking aménagé du terril, nous apercevons la chèvrerie. Marie, notre pétillante guide du jour, emmène le petit groupe vers les immenses étendues de terres noires, constituées de déchets remontés par les mineurs suite à l’exploitation minière de ce Bassin minier inscrit sur la Liste du Patrimoine mondial de l’UNESCO (aux côtés des pyramides d’Égypte, sauf que chez nous, elles sont noires).

« Et les bébêtes, elles sont où ? ». Léa est impatiente de rencontrer les starlettes. Marie rassure ma fille que toute star qui se respecte sait faire attendre son public.

De mon côté, je profite de l’ascension douce du terril des Argales pour mieux comprendre l’histoire de ce site et le contempler. Le soleil caresse mes épaules face à l’immense lac qui accueille différentes activités nautiques : canoë, planche à voile, etc. L’envie de piquer une tête me traverse l’esprit face à cette eau parfaitement propre, filtrée naturellement par les roseaux qui l’entoure. Le site est grandiose, tant par sa beauté que par sa taille : « 140 hectares soit plus de 235 stades de foot ! » nous annonce Marie. « Ça fait beaucoup d’herbe papa » balance Léa, ce qui fait rire toute l’assemblée.

Une réserve nature

La nature a repris ses droits sur ces terres noires. Les canards et les poules d’eau volent sur le reflet de l’eau tandis que les insectes et crapauds participent à l’équilibre de cet écosystème. Sans compter sur le coup de pouce des hommes qui ont façonné ce paysage qu’on observe du belvédère aménagé à cet effet. Une belle transition, du noir au vert.

L’entrée des stars : les chevrettes du Terril

Notre balade se poursuit main dans la main avec Léa. Entre appréhension et excitation, nous apercevons Julien et son chien Fax, qui guide un troupeau de 50 chèvres, prêtes à manger toutes les feuilles leur passant sous le nez. L’approche de ma petite est timide mais le contact semble plutôt facile avec ces filles poilues.

En marchant, Julien nous explique son histoire, son élevage et ce qui me frappe en premier, c’est le respect des animaux et surtout du lieu. Il aime ses chèvres et nous le transmet avec beaucoup de sincérité. Depuis 2014, il les bichonne pour qu’elles produisent le meilleur lait. Comment sont fabriqués les fromages ? Quelle est la fréquence des traites ? Le déroulement de la fermentation ? Mais au-delà de sa production, la fonction première du troupeau est la sauvegarde de la biodiversité́ et des paysages du terril. Étonnant, non ?

Dans cette chèvrerie, chaque femelle peut produire jusqu’à 500 litres de lait par an. En même temps, elles mènent la grande vie sur le terril des Argales : de grands espaces, des repas copieux et la promesse d’une retraite dorée chez les particuliers de la région…

Léa prend la tête du troupeau, sûre d’elle avec un bâton de berger ramassé lors de cette randonnée : « Allez Martine, hop ! Pas par-là ».

Un vrai défilé

Car oui, elles ont chacune leur prénom et leur caractère ! Pantoufle, Martine O’Brie, Mylène Fermière, Os à Moelle… À chaque naissance, nous pouvons voter pour leur prénom et ne soyez pas étonné de les voir se pavaner autour de vous : elle prépare l’élection annuelle de Miss Biquette. Ah, on ne rigole pas ici… sauf Miss Sympathie, évidemment.

Une planche apéro

Nous voilà de retour à la chèvrerie et une pause s’impose autour d’une planche apéro. Sur ma tranche de pain tradition, j’hésite à étaler le chèvre frais ou le crottin aux herbes. Pourquoi choisir ? J’opte pour un duo parfait de chaque côté de ma tartine… Le sourire et les yeux de Léa m’invitent à lui offrir ce sublime dressage gourmand : « Tu sais, c’est fatiguant d’être bergère papa : j’ai besoin de force moi ! ». Ok, elle gagne.

Merci Marie et Julien, voilà une idée parfaite pour concilier balade, nature, complicité et gourmandises le temps d’un après-midi. Je rentre avec les fameux crottins et de nombreux produits frais : jus de pommes, miel, etc. Des produits bien d’ici.

Les randos biquettes 2022

Les samedis de 16h à 18h : 30 avril, 14 et 28 mai, 11 et 25 juin, 16 et 30 juillet, 13 et 27 août, 24 septembre et 1er octobre.

Les mercredis de9h à 11h : 04 mai, 1er juin, 06 juillet et 03 août.